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La
Bombe Atomique d'Hiroshima
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I Histoire de
la bombe atomique
Tout
a commencé en 1898 quand le physicien Ernest Rutherford et son
collaborateur expliquèrent que la désintégration de certains noyaux
d’atomes résultait de radioactivité. Par la suite, Albert Einstein, en
1905, a démontré sa célèbre théorie de la relativité, E=mc². Cette
formule signifie que l’énergie totale dégagée par une quantité de
matière quelconque est égale à sa masse multipliée par le carré de la
vitesse de la lumière.
C’est dans une lettre d’Einstein destinée au
président Roosevelt qu’on apprend la possibilité de fabriquer une
nouvelle sorte de bombe ultra puissante fonctionnant avec l’énergie
nucléaire et la possibilité que les Allemands soient déjà en voie de
construire ce type de bombe. C’est avec empressement que le président a
mis sur pied le projet "Manhattan", en 1942, qui consistait à vérifier
s’il était possible de créer une réaction en chaîne et une fois cela
accompli, établir les plans pour la création de la bombe nucléaire.
Avant de lancer la bombe atomique sur le Japon, les Américains voulaient
être certains de son efficacité alors ils l’ont testée dans le désert
du Nouveau-Mexique trois semaines avant le largage de la première bombe
sur Hiroshima.
Ils ont été incroyablement surpris des résultats. Le
projet Manhattan, qui a coûté au total deux milliards de dollars, a
servi à construire trois bombes : " Trinity ",
la bombe qui a servi pour le test ; " Littleboy ",
celle qui a ravagé Hiroshima le six septembre 1945 et " Fatman ",
l’engin qui a rasé Nagazaki trois jours plus tard.
Le projet Manhattan
Les
Etats-Unis commencèrent par fixer un
programme nucléaire visant à coordonner les recherches jusqu’alors
situées dans quatre centres principaux : les universités de Columbia, de
Princeton, de Chicago et de Berkeley. Les étapes de ce programme étaient
très claires : juillet 1942, assurance d’une possibilité de réaction
en chaîne ; janvier 1943, première réaction en chaîne ; janvier 1945,
bombe atomique. A six mois près pour la dernière étape, ce programme
fut respecté.
A
la mi-septembre 1942, le général Leslie Groves est contacté par le secrétaire
à la Guerre : "Les recherches de base et leur développement sont
chose faite ; vous n’avez plus qu’à prendre les projets encore à
l’état d’ébauches et les mener à bonne fin, puis établir un plan
pour créer une force opérationnelle. A ce moment, votre travail sera
terminé et la guerre de même." Le général Groves va ainsi se
trouver placé à la tête d’un groupe de techniciens et de savants qui
comptait plusieurs prix Nobel. Tous les participants à ce qui porte à présent
le nom de code "Projet Manhattan" sont réunis.
D’énormes
crédits sont engagés, on recrute des milliers d’ingénieurs et de
techniciens, parmi lesquels de nombreux émigrés d’Europe (sans doute
encore plus sensibles à la menace d’une bombe allemande).
Examinons
chronologiquement les étapes du calendrier du projet Manhattan.
Phase n°1 : Assurance théorique d’une réaction
en chaîne
Il
s’agissait alors de trouver un élément qui serait capable de servir à
la création d’une arme qui utiliserait l’énergie gigantesque (selon
la Relativité) libérée par la fission nucléaire. Celui-ci devait répondre
à deux critères : la facilité de production et la quantité de
production. Deux voies se dessinèrent pour l’obtention d’un tel élément
:
- Celle
de l’uranium : Niels Bohr a calculé qu’une seule variété
(isotope) de l’uranium peut "fissionner", l’uranium 235.
Mais celui-ci est rare : il faut le séparer du reste de l’uranium.
L’obstacle paraît alors infranchissable.
- Celle
du plutonium : élément récemment découvert (car inexistant dans la
nature), il vient d’être obtenu en bombardant de l’uranium. Mais
le problème à celui-ci est aussi sa rareté : il faudrait le
produire en quantité suffisante.
Toutefois,
tous les éléments théoriques pour l’affirmation d’une réaction en
chaîne avaient été observés. En fait, dès mars 1941, on avait écrit
: "La première vérification de la théorie nous a donné une réponse
totalement positive ; de ce fait, l’ensemble du projet paraît réalisable,
à la condition que les problèmes techniques de séparation isotopique
soient résolus d’une façon satisfaisante […]." Le dernier
obstacle était la production en suffisance d’un matériau fissile.
Phase n°2 : La première réaction en chaîne
Après
avoir observé les preuves d’une telle réaction, il fallait la
produire. L’expérience décisive intervient le 2 décembre 1942. A
Chicago, Fermi construit la première pile atomique du monde qui produit
de l’énergie grâce à la réaction en chaîne : il s’agit de la
première réaction en chaîne. Celle-ci a permis la production d’un
demi-watt d’énergie, ce qui très peu ! Mais la possibilité est démontrée
expérimentalement : la Bombe n’est plus un rêve.
Bien
évidemment, la réussite capitale donna une impulsion décisive à la réalisation
du Projet Manhattan.
Néanmoins,
subsistait toujours le problème de la production de matériau fissile. A
cet effet, il fallait construire des usines permettant, d’une part, la séparation
de l’uranium 235 hors de l’uranium ; et, d’autre part, la " création
" de plutonium à partir de ce même uranium. Il fallait réussir à
produire une quantité suffisante d’uranium et de plutonium. On
construisit donc deux énormes complexes industriels :
- L’un
à Oak Ridge, dans le Tennessee, pour la production d’uranium 235.
On y construisit des énormes filtres dans lesquels seul le petit
uranium 235 pouvait passer (diffusion gazeuse).
- L’autre
à Hanford, près d’un petit village sur les bords de Columbia, dans
l’Etat de Washington. Complètement fermé sur l’extérieur,
l’ensemble se présentait comme un bloc de béton de 250 m de long
et 30 m de haut. On y séparait le plutonium de l’uranium.
Les
deux ensembles d’extraction fonctionnèrent durant toute la durée du
projet Manhattan afin de récolter des quantités suffisantes de matière.
Plusieurs hectares de
"filtres", à Oak Ridge, pour isoler l'uranium 235.
Parallèlement,
depuis mars 1943, une équipe de savants sous la direction de Robert
Oppenheimer se livre, à Los Alamos (dans le désert du Nouveau-Mexique,
près de Santa Fé), à l’étude de l’architecture de la bombe elle-même.
Il s’agissait en fait d’un immense village construit de toutes pièces
par l’armée américaine au milieu du désert. Là travaillèrent des
centaines de physiciens dont plus de 20 prix Nobel ou futurs prix Nobel,
ainsi que quelque 2000 techniciens et chercheurs (dont 600 militaires).
Ils œuvrèrent dans le plus grand secret (les enfants nés sur place
n’ont d’ailleurs pas de lieu de naissance sur leur carte d’identité
!), toujours dans l’urgence et le stress (ce qui devait, aux yeux de
l’armée, les inciter à la production). Les relations ne furent pas
toujours roses entre officiers et savants.
A
noter que le général Groves pilotait le Projet depuis ses bureaux de
New-York ; et que les pilotes chargés de lancer les bombes atomiques étaient
entraînés à la base d’entraînement de Wendover, Utah.
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Le général Groves,
à gauche, chef du Projet Manhattan, avec Robert Oppenheimer, qui
dirigea les scientifiques de Los Alamos.
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Los Alamos, une
ville-laboratoire construite dans le désert pour fabriquer la
bombe.
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Phase n°3 : La bombe atomique
La
capitulation allemande fut signée le 8 mai 1945. Mais celle-ci ne fit que
ralentir l’espace d’une fête le Projet. Les scientifiques, encouragés
par l’armée, continuèrent leurs recherches terminales : le projet
Manhattan arriva à son terme en juillet 1945.
Son
succès confirma les deux filières (uranium 235 et plutonium), comme dit
plus haut. Les savants se trouvaient donc en possession de deux types de
bombe. Effectivement, contrairement à l’idée reçue, il n’y eut pas
une seule bombe atomique (aussi appelée "Bombe A"). Il y eut
deux bombes atomiques : l’une fonctionnait grâce à l’uranium (celle
qui sera larguée sur Hiroshima), l’autre grâce au plutonium (celle de
Nagasaki, ainsi que Trinity — voir plus loin).
Les
quantités de plutonium étaient supérieures à celles d’uranium. Il
fut donc possible de construire deux engins au plutonium, et par conséquent
de procéder à un essai : il s’agit de l’essai Trinity.

Grâce à ce cyclotron, les chercheurs de Berkeley, conduits par E.
Lawrence (3° à g.), produiront de l'uranium 235.
Little Boy (à droite), qui pesait… 5 t, a explosé par collision
entre les deux charges d'uranium (en rouge) ; Fat Man (à gauche), par
compression du plutonium placé au centre.
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